Passage de la traite conventionnelle à la traite robotisée – partie 1

Partie 1

Le passage de la traite conventionnelle à la traite robotisée est un processus crucial qui peut être réalisé avec succès à condition de bien planifier votre travail et de mettre vos plans à exécution. La transition vers la traite robotisée exige un travail acharné et de la méthode. Il est essentiel de prévenir les événements indésirables afin d’éviter les répercussions négatives sur les vaches et sur les personnes qui travaillent avec vous. Appliquer ces principes vous permettra de profiter pleinement des caractéristiques et des avantages de cette fantastique technologie.

Les producteurs qui font le choix de passer à la robotique ne commencent pas tous le processus de transition à partir du même point. De nos jours, environ 60 pour cent des installations de traite automatisée sont de nouvelles constructions, et 40 pour cent sont des projets de réaménagement qui permettent aux vaches de rester dans le même environnement avant et après la mise en route. Ces deux scénarios sont différents et exigent, par conséquent, des stratégies de gestion de la transition différentes.

L’impact sur le troupeau pendant la période de transition peut être plus grand dans le cas des nouvelles installations étant donné l’importance des changements environnementaux. Une des stratégies possibles pour faciliter la transition vers les nouvelles installations pourrait simplement consister à loger les animaux dans le nouveau bâtiment tout en continuant de les traire dans la salle de traite conventionnelle. Peu importe l’angle, une transition graduelle est la clé pour que l’adaptation se fasse le plus en douceur possible. Étant donné que les niveaux de stress sont moins élevés lorsque l’environnement est familier, les impacts sur la production de lait et le comportement des vaches après la mise en route sont moins importants lorsqu’il s’agit de projets de réaménagement.

La période de transition se divise en trois phases : six mois avant la mise en route, la mise en route et six mois après la mise en route. Dans cet article, nous nous intéresserons à la première phase, soit celle qui englobe les six mois précédant la mise en route. De tous les points de vue, cette phase est la plus importante. C’est la période où tous les plans et toutes les stratégies doivent être définis. Malheureusement, cette étape est souvent sous-estimée. Le fait de négliger des décisions et des détails cruciaux associés à la planification de la mise en route peut engendrer un stress inutile et pourrait même retarder la transition.

Six mois avant la mise en route

Formez votre main-d’oeuvre

Il ne fait aucun doute que le passage à la robotique exige des compétences additionnelles dans les domaines de la technologie et de la gestion de troupeau. Savoir reconnaître les forces et les faiblesses des membres de votre équipe de gestion est essentiel pour bien vous préparer au défi qui vous attend.

Familiarisez-vous avec les ordinateurs

Si vous travaillez déjà avec un logiciel de gestion de troupeau, vous êtes probablement prêt pour le passage à la robotique. Par contre, si vous utilisez peu ou pas du tout l’informatique, c’est le temps de retourner à l’école et de prendre quelques cours. Cela ne signifie pas que vous deviez devenir un expert, mais plutôt qu’il est temps pour vous d’acquérir des compétences de base en informatique. L’expérience viendra avec le temps et la pratique.

Faites une immersion dans le monde de la traite robotisée

Visiter des fermes est pratique courante pour les producteurs intéressés par la robotique. Pour apprendre comment gérer avec succès votre installation robotisée et pour pouvoir comparer vos résultats, un de vos premiers objectifs devrait être de vous entourer d’un réseau de pairs. En plus des méthodes d’apprentissage classiques, par exemple la lecture de publications sur le sujet ou la participation à des ateliers, il existe d’autres outils plus novateurs, comme les webinaires, les bibliothèques virtuelles, et bien sûr, les médias sociaux. Assurez-vous de faire vos devoirs en ayant recours à de multiples stratégies d’apprentissage et en invitant tous les membres de votre équipe, y compris vos conseillers externes, à faire de même.

Deux mois avant la mise en route : Préparer le troupeau

C’est le moment de concentrer tous vos efforts sur le troupeau.

Comment sélectionner les bons animaux

Il existe trois principaux critères dont il faut tenir compte lorsque vient le temps de sélectionner les vaches pour le passage à un système de traite automatisé : conformation du pis, santé du pis et conformation des pieds et des membres. Dans le domaine de la traite robotisée, chaque seconde compte. Il est donc essentiel que la pose des gobelets trayeurs se fasse rapidement et avec précision afin d’assurer la santé de la vache et la performance du système. Il est important de sélectionner des vaches avec des trayons bien centrés et d’éviter celles qui ont des trayons arrière croisés. Trouver un équilibre entre le positionnement des trayons et la suspension médiane aura un effet positif sur la longévité de la vache.

Si vous avez la possibilité de sélectionner les animaux à partir d’un plus grand groupe, le processus de sélection en cinq étapes que vous trouverez ci-dessous pourrait vous aider à constituer le groupe de vaches idéal pour le passage à la traite robotisée :

  1. Ciblez les vaches qui ont les débits de lait les plus élevés.
  2. De ce groupe, faites les tests nécessaires en vue de sélectionner celles qui ont un bas CCS et qui ne sont pas porteuses d’agents pathogènes responsables de la mammite contagieuse.
  3. Évaluez la conformation des pis, et plus particulièrement le positionnement des trayons arrière.
  4. Assurez-vous que les vaches ont de bons pieds et membres.
  5. Si possible, groupez les vaches en fonction de leur numéro de lactation. Former des groupes de vaches plus jeunes et des groupes de vaches plus âgées est l’idéal.

Évaluez votre programme de dépistage de la mammite contagieuse

Une fois que le groupe de vaches aura été défini, le principal objectif est de s’assurer qu’aucun animal qui entre dans le robot pour s’y faire traire n’est infecté par des agents pathogènes contagieux. Malheureusement, à cause de la régie de groupe et de la dynamique propre à la traite robotisée, la séparation des vaches infectées n’est pas une option viable dans les installations de traite automatisée contrairement à ce qui peut être fait dans les installations conventionnelles. Il est fortement recommandé de procéder à l’échantillonnage du réservoir à lait tous les mois et de surveiller chacune des vaches individuellement.

Faites analyser un échantillon de lait de toutes vaches qui ont un CCS supérieur à 200 000, et ce, tous les deux jours pendant plus d’une semaine. Si au moins un des échantillons est positif et révèle la présence de pathogènes comme le Staph. aureus, la vache est considérée comme infectée et une décision doit être prise. La collaboration de votre vétérinaire est essentielle afin de mettre en place un plan de qualité du lait.

Pensez à parer les sabots dès maintenant

En plus d’effectuer régulièrement des bains pédiluves, les sabots de toutes les vaches devraient être taillés au moins un à deux mois avant la mise en route. N’attendez pas au dernier moment pour le faire puisque les effets combinés du nouveau béton, des facteurs de stress et des procédures de parage peuvent entraîner des problèmes de sabots indésirables.

Passez en revue vos procédures normalisées avec les principaux intervenants

La planification par scénarios et la constance sont deux avantages de la traite robotisée. La meilleure façon de capitaliser sur ces deux points est de s’assurer que tous les membres de l’équipe, y compris le vétérinaire et le conseiller en alimentation, travaillent dans le même sens. L’objectif est d’élaborer et de mettre en application la série de procédures normalisées qui seront dorénavant utilisées pour le troupeau.

20 jours avant la mise en route : Tout finaliser en prévision du jour J

Enlevez les poils sur les pis

L’enlèvement des poils sur les pis est un plus dans les installations robotisées. Cette opération devrait être répétée tous les deux à trois mois pour toutes les vaches. Afin de procéder de manière efficace à l’enlèvement des poils, il est fortement recommandé d’ajouter cette tâche à la routine hebdomadaire ou bimensuelle. Travailler avec des groupes de vaches plus restreints permet d’éviter de trop perturber les opérations.

Transférez correctement vos données

Prenez le temps de transférer vos données ou de créer les nouvelles bases de données bien avant la mise en route. Rappelez-vous que la qualité des données enregistrées dans le système et la qualité des renseignements obtenus vont de pair. Essayez de maximiser l’utilisation des logiciels dès le départ.

Établissez votre programme d’alimentation pendant la période d’apprentissage

Bien qu’il ne soit pas toujours possible d’instaurer une période « alimentation seulement », il est fortement recommandé et même idéal de nourrir les vaches au robot (sans les traire) au moins deux semaines avant la première traite. Cette façon de faire est probablement celle qui a le plus d’impact sur la performance initiale après la mise en route. Gardez à l’esprit qu’il faut assurer la stabilité de l’alimentation en évitant les changements de fournisseur ou de formulation pendant cette période. La quantité de concentrés distribués variera en fonction du nombre de passages et du nombre de jours écoulés depuis le début de la transition, allant de 0,9 à 3,6 kg par vache par jour. Après une semaine, il est possible de combiner l’alimentation avec la pulvérisation des trayons et le mouvement du bras robotisé. De cette façon, les vaches sont motivées à se rendre au robot et s’habituent du même coup au nouvel environnement et aux nouveaux bruits.

Même si la méthode qui consiste à instaurer une période « alimentation seulement » est celle qui semble avoir le plus d’impact sur la performance initiale, ce n’est pas la seule méthode possible pour habituer les vaches au robot. Les autres techniques dépendent principalement du concept de circulation utilisé. Consultez votre fournisseur pour obtenir des conseils à ce sujet.

Commencez la mise en route en utilisant les réglages par défaut

L’ensemble du système, notamment tout ce qui concerne la traite, l’alimentation et la gestion générale, doit être en « mode sans échec » au moment de la mise en route. Lorsque les paramètres sont réglés de manière à assurer une protection maximale à vos animaux, vous pouvez vous concentrer sur les bases de la gestion de troupeau : nettoyer les stalles, assurer une distribution fréquente des aliments, repousser fréquemment les aliments dans la mangeoire, habituer les nouvelles vaches, aller chercher les vaches en retard pour la traite, etc.

Deux jours avant la mise en route : Vous y êtes presque!

Il est maintenant temps de vous assurer que tous les éléments des systèmes et de l’équipement de traite fonctionnent correctement, et que les vaches et les personnes concernées sont fin prêtes. L’ensemble du projet doit être prêt pour l’inspection et une évaluation finale. Les cinq principaux points dont il faut tenir compte sont :

  1. l’évaluation du système
  2. l’inspection réglementaire
  3. la surveillance de la base de données
  4. l’identification adéquate des animaux
  5. la coordination des équipes et du calendrier de mise en route

En mettant en œuvre le plan de transition exposé ci-dessus et en n’oubliant pas que la communication au sein de votre équipe est essentielle pour obtenir un succès optimal, vous devriez être prêt pour cette grande aventure qu’est le passage de la traite conventionnelle à la traite robotisée. En planifiant bien le travail et en mettant vos plans à exécution, vous pouvez espérer obtenir d’excellents résultats. Bonne chance!

Contactez votre concessionnaire DeLaval

Pour des questions générales