Robots sont une réalité pour nos grands troupeaux - partie 1

By Lizzy French, PhD

Voici le premier d’une série de deux articles.

Les exploitations laitières de plus grande taille se tournent de plus en plus vers la traite robotisée au fur et à mesure que la technologie progresse. Un complexe en construction à Ancali, au Chili, pourra bientôt compter sur 64 systèmes de traite volontaire (VMS™). Les dirigeants de ces grandes exploitations commencent à voir les avantages qu’il y a à laisser les vaches aller d’elles-mêmes à la traite au lieu de les amener à la salle de traite.

L’augmentation potentielle de la production de lait par vache est un de ces avantages. Les grandes exploitations laitières bien gérées qui sont passées de 3 traites par jour avec un système de traite conventionnel à presque 3 traites par jour (2,8) avec le VMS (différence minimale en ce qui a trait à la fréquence de traite) ont noté une augmentation de production de l’ordre de 8 à 10 %, et ce, en ne changeant pas la qualité des aliments distribués et en y consacrant les mêmes efforts de gestion. Cette hausse de production est en partie attribuable à un confort général accru et aux nouvelles installations, mais un autre facteur qui y contribue très certainement est le fait que les vaches passent moins de temps loin de la mangeoire et des logettes.

Mais il n’y a pas que l’augmentation de production. Les systèmes de traite robotisés offrent bien d’autres avantages qui profitent aux animaux, à la main-d’œuvre, à l’environnement et même aux plus jeunes générations. Dans cet article, nous nous attarderons sur les avantages pour la vache.

Avantages pour la vache

Le démarrage des génisses peut être facilité par la mise en place d’une procédure normalisée spécifique, et il existe différentes options qui peuvent contribuer à faire de leur passage au robot une expérience calme et positive. Les actions qui pourraient provoquer une réaction négative peuvent être minimisées. En fonction de la taille du troupeau, il est possible d’exposer les génisses au robot avant le vêlage. On peut alors leur distribuer une quantité quotidienne de concentrés, selon les recommandations du nutritionniste. Cette façon de faire permet à la génisse d’associer le robot à la distribution d’aliments alléchants. Le bras articulé peut aussi être programmé pour la pulvérisation des trayons pour que la génisse apprivoise le mouvement du bras et n’en n’ait pas peur.

Dans les exploitations équipées d’au moins cinq robots, on prévoit souvent des aires spécifiques pour la préparation au vêlage. On y installe des portes et des barrières pour que les génisses apprennent à les franchir et à circuler dans ce nouveau type d’environnement. Des stations d’alimentation automatisées peuvent aussi être utilisées pour simuler l’expérience dans le robot.

Si l’exposition au robot en période de préparation au vêlage ne donne pas les résultats escomptés, la prochaine option consiste à mettre en place un protocole afin que la génisse soit amenée au robot et traite manuellement au moins une ou deux fois après le vêlage pour que l’acclimatation se fasse en douceur et dans le calme.

Les vaches peuvent être amenées directement au robot après le vêlage, mais le passage par un système de traite conventionnel peut aussi être envisagé. Une fois que les vaches fraîches vêlées ont quitté l’enclos de vêlage, que les tests d’acétonémie sont négatifs, qu’un examen a permis de déterminer que l’utérus est bien vide et qu’il n’y a pas de signe de boiterie (1 ou 2 sur l’échelle de motricité Zinpro), elles peuvent rejoindre leur groupe respectif : VMS pour les génisses de 2 ans ou VMS pour les vaches en 2e lactation et plus. Les rations partielles mélangées (RPM) peuvent alors être ajustées si le nutritionniste souhaite fixer les paramètres d’alimentation en fonction du numéro de lactation.

Avec les systèmes robotisés, les paramètres de permission de traite peuvent être ajustés en fonction du temps écoulé et de la production prévue, ce qui permet aux vaches en début de lactation et aux fortes productrices d’accéder plus souvent au robot. Des pics de lactation plus importants ont été observés dans les grandes exploitations robotisées qui visent au moins 2,8 traites par jour pour les vaches qui produisent au moins 35 lb/traite. Le temps de traite de ces vaches devrait idéalement se situer sous les 7 minutes.

Il est également important de viser un temps de traite total d’au moins 21 ½ heures (incluant les cycles de lavage) si l’objectif est d’atteindre la capacité maximale du robot. Dans ce cas, le temps de veille, ou les périodes de non-traite, devrait être de moins de 1 ½ heure.

Un meilleur contrôle de l’alimentation représente un autre avantage pour les vaches. Des concentrés spécifiques peuvent être ajoutés à la ration pour répondre à un état physiologique donné (p. ex. une vache fraîche vêlée ou en fin de lactation). En supposant une bonne consommation de fourrages NDF, un concentré contenant davantage d’amidon peut fournir un plus grand apport en énergie – possiblement sous une forme rapidement dégradable dépendamment de la source – aux fortes productrices en début et en cours de lactation. Un autre type de concentré peut être distribué plus tard dans la lactation pour contrôler l’état corporel au tarissement. Ce concentré devrait fournir davantage de fibres solubles de façon à modifier la fermentation ruminale; l’objectif étant d’altérer la répartition de l’énergie basée sur la production microbienne des acides gras à chaîne courte et de réduire l’accumulation de tissus adipeux. La flexibilité des rations est un important avantage des systèmes de traite automatisés puisque cela permet de nourrir les animaux en fonction de leur production et de leur stade de lactation.

Les paramètres d’alimentation recommandés, qui reposent en partie sur la consommation visée et la circulation des animaux, peuvent être surveillés grâce à la technologie existante :

• L’évaluateur d’état corporel (BSC) DeLaval permet d’évaluer objectivement et en continu l’état corporel du troupeau et est utilisé pour évaluer les stratégies de gestion de l’alimentation.

• Le Herd Navigator permet de faire le suivi du cycle de reproduction des vaches et peut être utilisé pour faire le lien entre l’état nutritionnel et les niveaux de progestérone.

Dans le prochain article, nous nous pencherons sur d’autres avantages pour la vache ainsi que sur les avantages pour vos employés.

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