Ferme Catoche inc. remporte le Lait’Xcellent d’argent

Les frères Marc et Daniel Cliche, propriétaires de la Ferme Catoche inc. de Saint-Joseph-de-Beauce dans la région de Chaudière-Appalaches-sud, ont reçu l’argent à l’édition 2017 du concours provincial Lait’Xcellent.

Cet article a été rédigé par Yvon Gendreau et a originalement paru dans la revue Producteur de Lait Québécois de juin 2018.

Ils ont obtenu cette deuxième place au Québec grâce à une moyenne de 5 000 bactéries totales/ml et de 40 833 cellules somatiques/ml. En plus d’un trophée, ils ont reçu une bourse de 1 500 $.

Une bonne régie des logettes creuses avant toutes choses

Ferme Catoche Award

Pour ces producteurs, la régie des logettes creuses est l’élément crucial pour obtenir un lait de qualité. Selon Marc, « les bactéries, ça aime la chaleur et l’humidité. C’est important que les animaux restent propres et secs ». Les deux hommes vérifient la ripe de bois matin et soir et la nettoient lorsqu’elle est souillée. Ils ajoutent de la litière deux fois par semaine. « Des logettes creuses, si tu les gardes pleines, c’est pas d’entretien, explique Marc. Il faut aussi éviter de faire en sorte que le fumier reste dans la logette. » Des petits trucs qu’ils ont peaufinés quelques semaines après le passage à la stabulation libre et au robot de traite en novembre 2015.

Avant ces nouvelles installations, les vaches étaient en stabulation entravée tête à tête sur matelas et litière de ripe de bois. La qualité du lait était quand même déjà bonne avec une moyenne avoisinant les 100 000 CS/ml, mais l’arrivée de la traite robotisée et de la stabulation libre a contribué à l’améliorer. Bien sûr, les trois ou quatre premiers mois de ce changement, le comptage leucocytaire a augmenté pour atteindre pratiquement les 200 000 CS/ml. Très vite, les Cliche ont compris qu’il fallait mettre plus de litière pour emplir les logettes, mais aussi qu’il fallait éliminer la litière « tapée » derrière les animaux. Un bon ajustement de la barre à l’avant a aussi contribué à ce que les animaux fassent leurs besoins dans l’allée plutôt que dans les logettes. Quelques cas de mammites à Klebsiella dans les nouvelles installations les ont aussi incités à choisir cette gestion de la litière et à revoir la régie des logettes. « Comme Klebsiella est dure à traiter, on a jugé qu’il fallait y aller de façon préventive », soutient Marc. Mentionnons que la visite du médecin vétérinaire une fois par mois s’inscrit également dans les mesures préventives préconisées à la Ferme Catoche.

Le choix de la ripe de bois

Wood Shavings in VMS BarnAu départ, les deux frères ont opté pour les logettes creuses et la ripe de bois pour des raisons de confort et de bien-être des animaux, mais aussi pour des raisons économiques. Comme ils en font le transport et qu’ils ont deux fournisseurs à proximité, ce type de litière leur revient à un coût intéressant, soit 100 à 125 $ par logette pour l’année. « Avec les logettes creuses remplies de ripe, la vache glisse pas pour se lever, et on a éliminé les blessures aux jarrets » (Marc).

Puisque les animaux sont en stabulation libre, on s’assure que les raclettes font bien leur travail. Celles-ci fonctionnent en continu pour ramasser le fumier dans les allées. Daniel précise : « De cette façon, les vaches risquent moins de l’éclabousser dans les logettes en marchant. On réduit aussi les risques de développer du piétin à l’intérieur du troupeau. »

Faire de son robot de traite un collaborateur

DeLaval VMS with CowOutre la propreté des animaux, de l’environnement et de l’équipement, les frères Cliche mettent aussi à profit leur robot de traite pour tirer le maximum de qualité du lait qu’ils produisent. Ils s’assurent que celui-ci fait bien son travail et que tous les produits ne manquent pas à chacune des étapes de la traite : du lavage des trayons avec le gobelet-laveur, jusqu’à la fin de la traite.

Marc et Daniel ont aussi investi dans une option du robot qu’ils jugent importante pour eux : un compteur de cellules somatiques (OCC). Cet appareil mesure le nombre de cellules somatiques pour chaque vache, permettant ainsi de prévenir les infections et d’assurer un bon suivi de la qualité du lait. Il peut être programmé pour analyser toutes les vaches sans exception ou en mode réduit (certaines vaches en particulier ou quelques vaches dans le troupeau de façon aléatoire). Si une vache présente un CCS élevé, on essaie de voir ce qui ne va pas.

Pour ces producteurs, le robot de traite et les données qu’il collige permettent de faire un bon suivi de leur production. Deux fois par jour, ils consultent l’ordinateur et regardent si tout va bien. « Avec toutes les données disponibles, on peut aussi agir vite s’il y a quelque chose à ajuster » (Marc).

Bien entendu, on laisse au robot le soin de s’assurer que toutes les étapes de la traite sont bien effectuées, du nettoyage des trayons et des premiers jets à l’aide du gobelet laveur, jusqu’à la traite proprement dite à l’aide des quatre manchons trayeurs.

Avec un robot, si on ne peut pas établir d’ordre de traite, on se fie encore une fois à la technologie pour qu’il se désinfecte et s’aseptise de lui-même entre chaque vache, diminuant ainsi les risques d’infection d’un animal à l’autre. Pour ce qui est des vaches en traitement, on prend soin de les identifier dans le robot pour éviter que leur lait se retrouve dans le bassin. Et si un problème sérieux touche une vache en particulier, celle-ci sera gardée en retrait dans un endroit appelé « arrière-robot ».

Marc et Daniel veillent aussi à la maintenance et à la propreté de leur équipement. Ils demeurent attentifs au carnet d’entretien du robot qui signale qu’il est temps de changer les manchons trayeurs, le capuchon du gobelet laveur ou encore les tuyaux à lait. Des entretiens préventifs sont effectués tous les 4 à 6 mois par leur concessionnaire pour s’assurer du bon fonctionnement de l’équipement de traite.

Les autres petits détails

DeLaval VMS Close-UpParmi les autres éléments auxquels les Cliche portent attention : le poil des pis et des queues, qu’ils éliminent régulièrement pour des raisons d’hygiène. La taille des onglons est aussi effectuée par un pareur professionnel trois fois par année. Comme ils ne font pas l’élevage de leurs sujets de remplacement et qu’ils vendent leurs jeunes sujets à la naissance, ils achètent leur vache à l’encan de production de leur région. Ils prennent soin de jeter un œil au comptage de cellules somatiques (CCS) et ils ne feront pas d’offre si le résultat est supérieur à 100 000 CS/ml. De plus, pour être admises à cette vente, les vaches doivent obtenir un résultat négatif au California Mastitis Test (CMT). 

Estimant que la qualité du lait est importante autant pour eux, leurs animaux que les gens qui consomment les produits laitiers, Daniel et Marc ne veulent rien laisser au hasard. Comme pour la plupart des gagnants à ce concours, les petits détails font maintenant partie de leur routine et ils ont fort probablement oublié de tous les mentionner…

Portrait de la ferme

Ferme Catoche FarmDaniel, diplômé en production animale de l’ITA de La Pocatière en 1999, s’est associé à son père Raymond en 2000. De son côté, après une dizaine d’années passées à travailler à l’extérieur comme expert-conseil à la Coop Alliance de St-Éphrem-de-Beauce, Marc, bachelier en agronomie de l’Université Laval, a pris le relai de son père et s’est joint à Daniel en 2013. Les deux frères assurent la suite de la ferme pour une 7e génération.

À la Ferme Catoche, 57 têtes, dont 48 vaches en lactation, composent le troupeau holstein. Les terres s’étendent sur 123 ha et l’on y cultive du foin sur 56 ha. Autosuffisants, on vend même les surplus. Outre le lait, les frères Cliche élèvent plus de 150 000 poulets par année et entaillent quelque 1 700 érables.

Marc et sa conjointe Vicky Talbot ont quatre enfants : Maéva, 14 ans, Océane 9 ans, Léa 4 ans et Rosalie 1 an. Daniel et sa conjointe Sophie Fortier ont aussi 4 enfants : Sara, 13 ans, Ève, 11 ans, Pier-Luc, 8 ans, et Anabelle, 7 ans. Vicky et Sophie travaillent à l’extérieur. Pour les Cliche, la qualité de vie est aussi une notion importante. L’arrivée du robot de traite leur a d’ailleurs permis d’alterner les fins de semaine de congé et de participer davantage à la vie de famille.

Mentionnons en terminant que, par le passé, les parents de Marc et Daniel se sont aussi distingués pour la qualité de leur lait au sein de leur coopérative. Un exemple qu’aujourd’hui les deux frères se font un devoir de suivre.

 

 

Photos gracieusement fournies par la Ferme Catoche, Marc Filion et Yvon Gendreau

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